ITALIE (source : CNISF) 1) Protection du titre et de la profession d'ingénieur L'exercice de la profession d'ingénieur est régi en Italie par une loi et un décret: . La loi du 24 juin 1923 portant sur la protection du titre et de la profession d'ingénieur et d'architecte. . Le décret du 23 octobre 1925 qui est le règlement d'application de la loi et fixe les règles de constitution et de fonctionnement de l'Ordre des Ingénieurs. Ce décret réglemente également l'objet et les limites de la profession et établit les modalités pour l'inscription au Tableau de l'Ordre des Ingénieurs. Le diplôme acquis dans une école universitaire autorisée par l'état à le délivrer (Laurea), autorise le titre de Docteur Ingénieur (Dottore in Ingegneria), mais ne suffit pas pour exercer la profession libérale d'ingénieur, qui est réglementée par la loi. L'habilitation professionnelle correspondante est obtenue après avoir passé l'examen d'État qui est organisé en étroite collaboration entre l'Ordre des Ingénieurs et les professeurs de l'enseignement universitaire. Cet examen vise à vérifier si le candidat est en mesure d'appliquer les règles pratiques propres à la spécialité qu'il a choisie. La réussite à l'examen permet à l'ingénieur de demander l'inscription à l'Ordre des Ingénieurs, condition nécessaire pour exercer la profession sous statut libéral et plus généralement pour signer des projets (ce qui peut être nécessaire même dans la vie professionnelle de l'ingénieur salarié).la spécialité n'est pas précisée sur le Tableau. L'inscription au Tableau est obligatoire pour la plupart des activités d'ingénieur (la chimie et l'agronomie ne sont pas considérées comme des activités d'ingénieur). L'ingénieur inscrit au Tableau peut être chargé par l'autorité judiciaire d'expertises ou agir comme conseil sur demande de l'Administration. Pour certaines tâches, réception d'ouvrages et homologation d'installations, une ancienneté dans l'Ordre peut être requise. 2) Situation des ingénieurs italiens Actuellement les ingénieurs italiens sont 160 000, dont 103 400 inscrits à l'ordre. La répartition par spécialités est la suivante: Génie civil: 30% Secteur industriel: 50% Secteur électronique: 20% et par types d'activité: Profession libérale: 13% Enseignants: 16% Salariés: 17% Autres activités: 4% Un pourcentage important de salariés et d'enseignants pratiquent une activité libérale à temps partiel et n'est pas compté dans les pourcentages précédents. Le Conseil de l'Ordre étudie une modification du Tableau pour faire apparaître trois familles d'ingénieurs: Génie civil Secteur industriel Secteur de la communication Depuis 1990, une formation courte d'ingénieurs à Bac + 3 a été créée (titre: Diploma in ingegneria, suivi de la spécialité acquise). La décision a été prise en 1994 d'autoriser ces ingénieurs à demander leur inscription à l'Ordre. Un Tableau spécial a été ouvert pour eux. 3) Organisation de la profession La profession est gérée par deux organismes: L'Ordre des Ingénieurs et le Conseil National des Ingénieurs. 3.1 L'Ordre des Ingénieurs est représenté par les 95 Conseils provinciaux (correspondants aux 95 provinces italiennes couvrant tout le territoire national) qui élisent tous les deux ans leur président et leur bureau. Les attributions principales de l'Ordre sont: . Tenue à jour du registre, . avis en matière d'honoraires, . avis sur les affaires concernant la profession, . fixation du montant des cotisations, . référence déontologique de la profession, . pouvoir d'infliger des sanctions (avertissement, censure, suspension, radiation). 3.2 Le Conseil National des Ingénieurs est une personne morale de droit public placée sous la tutelle du Ministère responsable des professions. Il représente l'Ordre au niveau national. Il siège à Rome et est composé de onze membres élus tous les trois ans par les conseils provinciaux. Ses attributions sont les suivantes: . Fixer les montants des honoraires, . donner son avis au Ministère sur toutes les affaires concernant la profession, . être une instance d'appel pour les décisions de sanction prises par l'Ordre. 4) Registre Il n'existe pas un Registre national, chaque province est chargée de la tenue et de la mise à jour de son propre registre.